Dans la série ce n’est pas vraiment du web, mais c’est de plus en plus high tech donc on en parle aussi sur Presse-citron, aujourd’hui quelques digressions, ou plutôt deux remarques sur les constructeurs automobiles français, qui oscillent de longue date entre projets avant-gardistes (les voitures d’ingénieurs ou de designers que l’on voit dans les salons au rayon concept-car et qui sont censées montrer les tendances à venir), et retards tragiques sur le marché.
Concernant les retards, et partant du principe qu’en général on ne parle pas des trains qui arrivent à l’heure, j’ai deux exemples assez frappants en tête :
- Peugeot, Citroën, puis très récemment Renault, ont successivement présenté et lancé sur le marché leur nouveau 4×4. Outre le fait que le marché est trusté par les japonais, les allemands, et dans une autre mesure, les américains, celui-ci fut florissant dans la décennie écoulée. Or, entre crise du pétrole et préoccupations écologiques, et même s’il se porte encore assez bien, le marché du 4×4 est en train de s’essouffler (ventes divisées par deux depuis début 2008 chez certains constructeurs ). Car il est devenu écologiquement et économiquement incorrect de rouler en 4×4 (même si l’on sait qu’un 4×4 de dernière génération n’est pas plus polluant qu’une berline de catégorie équivalente, et moins qu’une voiture moyenne mal entretenue ayant quelques années au compteur).
Et que font les constructeurs français, dans un bel élan plein de candeur ? Non seulement ils arrivent sur le marché 20 ans après les autres, mais ils lancent leurs 4×4 en plein marasme sur un marché moribond.
De quoi s’interroger sur la clairvoyance de certains services marketing, et leur capacité à sentir le marché et ses tendances…
- la mode est aux véhicules rétro, ou aux remakes de grands hits des années 60/70, relookés et construits aux normes actuelles. Après la New Beetle, arriva la Mini, puis la Fiat 500. Mais le mouvement n’est pas récent : la monstrueuse Dodge Viper avait ouvert le bal dans les années 90 en se positionnant comme la nouvelle AC CObra (Viper, Cobra, vous voyez l’analogie ?). Et dans le haut de gamme “exotique”, les constructeurs n’ont pas chômé non plus : nouvelle Ford Mustang, nouvelle Dodge Challenger, et même Ford GT40. Le mouvement a même touché le marché des deux-roues, avec notamment la nouvelle Triumph bonneville, réplique moderne mais exacte de sa mythique ancêtre. Le Chrysler PT Cruiser est aun autre exemple, qui, s’il ne se réfère pas à ma connaissance à un modèle passé en particulier, visait aussi à toucher la fibre nostalgique en reprenant les lignes des belles américaines des années 30/50.
Or, où sont les constructeurs français sur ce créneau ? Nulle part, inexistants.
Bien sûr notre histoire automobile ne peut pas se targuer d’avoir vraiment produit des modèles grand public (je dis bien : grand public) mythiques, que ce soit par leur forme ou par leur usage, mais il y en a quand même un qui pourrait tenir le rôle et faire un remake parfait dans l’esprit New Beetle à la française : oui, la 2CV !
D’où la question : pourquoi Citroën, plutôt que produire un 4×4 coûteux et politiquement incorrect sur un marché essoufflé, n’a pas lancé une New 2CV en s’inspirant de la recette éprouvée par BMW avec la Mini ou Fiat avec la 500 ? Même si elles restent des véhicules de niche, ces voitures sont toutes des réussites commerciales exceptionnelles, se positionnant sur un créneau jeune urbain et haut de gamme (un rêve de publicitaire) renforçant et rajeunissant au passage l’image de leurs constructeurs, quand elles ne les sauvent tout simplement pas de la crise (Fiat…).
Est-on à ce point éloigné de certaines tendances du marché dans les bureaux d’étude des constructeurs français, pour ne pas voir venir ce type de lame de fond ?
Bon allez, tout n’est pas si noir : nous avons la Logan.
La New 4L ?

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