Le ministère de l’Intérieur vient d’être autorisé à mettre en place EDVIGE, Exploitation Documentaire et Valorisation de l’Information GEnérale. Derrière cette expression dénuée de sens ne servant qu’à former un acronyme douteux se cache le nouveau projet de fichage gouvernemental à grande échelle.
Tout militant politique, syndical, ou toute personne susceptible de “troubler l’ordre public”, peut se retrouver dans ce fichier, contenant une importante masse d’informations, et ce dès l’âge 13 ans.
Cette décision arrive dans un contexte assez tendu, alors que la ministre de l’Intérieur parle de contrôler Internet et que le projet ARDOISE a été annulé il y a quelques mois. Le projet ARDOISE, rapellons-le, visait à recueillir des informations sur chaque plaignant ou personne interrogée dans une affaire de police. Dans ces informations, on trouvait les préférences sexuelles, le hadicap, l’usage des réseaux de prostitution, la consommation de stupéfiants ou encore l’activité syndicale.
Face à de tels projets, comment ne pas se rapeller du tristement célèbre carnet B, qui recensait au début du siècle les leaders anarchistes, syndicalistes et révolutionnaires à arrêter en cas de conflit ?
Le fichage étant de plus ici effectué sur un unique délit de sale gueule, on ne peut contester l’inefficacité de la CNIL sur ce dossier. En effet, je vois mal sur quel autre critère on juge des capacités à troubler l’ordre public…

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