Durant les six derniers mois, le net a vécu plusieurs épi-phénomènes qui ont sur-exposé un évènement de l'actualité avec un retentissement décuplé en terme d'audience arrivé sur le net. Je pense à l'effet Laure Manaudou et à la petite phrase «casse-toi pauvre con».
La désormais fameuse phrase «casse-toi, pauvre con» a été l'objet d'un buzz important dans la presse papier traditionnelle. A la base de ce buzz, une vidéo, filmée sur le vif par des reporters indépendants et vendue au Parisien. «Le collectif, qui ne s'attendait pas à un tel retentissement, profite de son côté d'un joli buzz, avec un trafic multiplié par 30 sur son site internet», selon un article paru sur le site Le Figaro le 26 février 2008. Mise en avant sur le site, elle a très vite fait le tour du web moyennant une intégration sur les sites Dailymotion et Youtube. S'en est ensuivie une diffusion a tout va, avec de nombreux détournements, exploitations et autres conjugaisons particulières sur le même thème.
La vie sur le net comparée à la vie réelle a ceci de particulier qu'elle amplifie l'effet d'un évènement tiré de la vie réelle. De plus, le web, ou tout au moins une grande partie de ses utilisateurs, a cette capacité à se reconnaitre comme partie intégrante d'une ou plusieurs entités solidaires entres elles. C'est ainsi qu'on reconnait une influence à la blogosphère dont quelques leaders d'opinion dominent à l'exercice de la représentativité et de l'audience. L'indignation suscitée dans la société a été relayée sur le net par une importante vague de billets sur le sujet. Technorati relève que le nombre de billets consacrés au sujet a été multiplié par un facteur 10.
Pour revenir à la dialectique présidentielle en milieu agricole, la phrase a d'abord été exploitée au niveau des noms de domaine. Les plus impatients ou les moins créatifs ont simplement réservé le nom de domaine puis immédiatement mis en vente celui-ci qui sur eBay, qui sur Sedo. Avec une culbute à la clef : plus de 3000 euros récoltés en quelques jours pour quelques euros investis. Par contre seuls les premiers a avoir pressenti l'aubaine ont pu être servi, les suiveurs restent sur leur faim comme en attestent les sites réservés en vente sur Sedo.
Les plus créatifs ou les plus entreprenant auront la possibilité de transformer une vague de mécontentement ou d'indignation en espèces sonnantes et trébuchantes en jouant sur la fibre émotionnelle de la blogosphère. C'est ainsi que les objets dérivés font leur apparition à la suite de l'injure présidentielle, inaugurant un nouveau segment dans le marketing : le marketing promotionnel à l'envers sur base de produits dérivés. Casquettes, t-shirt et autres badges estampillés «casse-toi pauvre con» sont autant de produits qui n'auraient jamais pu exister sans cette phrase et sans la vague de bad buzz. Avec de plus un VRP de luxe, de marque, fourni gracieusement et qui généralement facilite la tâche en matière d'occupation des media.

Ce type de boutique est très rapide à mettre en oeuvre : en quelques clics vous pouvez construire l'armature de la boutique. Un peu plus durs sont la création de visuel pour les t-shirts par exemple, et le travail de promotion de la boutique. Parce que ça n'est pas tout d'ouvrir boutique, il faut ensuite se faire connaître et arriver à vendre ses produits. C'est pour cela que généralement le premier arrivé est le mieux servi : il peut communiquer aux sites web des medias traditionnels qui participent activement du buzz, l'existence de sa boutique et le tour est joué. Par ailleurs l'avantage de ce genre de boutique en ligne est d'être quasi sans investissement une fois l'investissement (en temps de travail) de départ effectué. Quelques opérations destinées à renouveler la connaissance de sa 'marque'. Enfin il ne faut pas oublier que ceci est à la fois très ponctuel et très éphémère (quelques semaines, maximum un mois).
Pour ce type de captation des évènements de l'actualité, le timing et le facteur temps est très important. Seuls les pionniers, voire seulement le premier à se lancer pourront tirer bénéfice de la situation. Les suiveurs ou les moins audacieux n'auront rien.
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En savoir plus ... :
Site de reporters indépendants Youpress.fr



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